Parfois j'ai l'impression que mon coeur va lâcher. Pourtant j'ai pas 90 ans et j'suis pas une obèse morbide.
Tout de même pas à ce point. Quoique on sait jamais.
Un peu plus et je croule, quoi.Bordel que j'suis fatiguée.
Et pourquoi j'suis pas couché? Crotte.
J'ai mal au coeur.
Bordel de merde.
L'enfer. Dire que j'croyais m'en être sortit. CACA.Merde d'hormone.
TABARNAK.
J'croyais que c'était FINI moi. Plus de crise de nerf.
D'angoisse insupportables.
Avoir envi de vivre, un peu.
Pouruqoi les autres ils dorment?Pourquoi moi j'ai pas l'droit?
C'est vrai ça été pire.
J'ai vécu 100 fois pire.
J'en pleurais.
J'en hurlais.
J'voulais en mourir.
La fatigue m'a quasiment tuée, la salope.Est-ce que j'exagère?
J'en sais rien.
Mais j'ai vécu 13 ans, bordel.
J'ai pas beaucoup d'expérience.
Mais là j'en pouvais juste pu.Je dormais très mal. Une nuit sans sommeil, pour moi c'est moins pire qu'une nuit avec une ou deux heures de sommeil. Parce que j'avais pas à me lever après.
Me lever.
Mon enfer quotidien.
Le trou.
La plaie.
Chaque matin.
Ouvrir.
Bouger.
Prier.
Souffrir.
Partir.
J'ai mal au coeur.
J'veux m'écrouler.
J'me déteste.
Ch't'une conne.
Pourquoi j'ai fait ça?
Qu'est-ce qui m'a prit?
Et toi, pourquoi t'es partie?
Serre-moi dans tes bras.
Plus fort s'il-te-plaît.
Plus fort pour que je ne parte pas.
Tue-moi.
Déchire-moi.
Fais-moi souffrir, je le mérite.
Je suis conne.
Je suis laide.
Je suis salope.
J'fais chier le monde.
Le monde est mieux sans moi.
Ouvre-moi le ventre.
Torture-moi.
J'veux pas rester ici.
Il m'énerve.
Je peux plus le voir.
Le monde meurt de toute façon.
À cause de nous.
On devrait tous nous tuer.
On devrais tous mourir.
J'veux plus être ici.
J'les haïs tous.
C'est pas leurs fautes.
Ch't'une conne.
J'veux m'en aller.
Tout plutôt que d'continuer d'même.
J'peux pas vivre de même.
C'est trop dur pour moi.
Parce que j'suis conne.
Parce que j'suis laide.
Parce que j'suis lâche.
Parce que j'suis nulle en tout.
Parce que t'es pas là.
Et toi non plus.
Et j'peux plus nos conneries.
Mes conneries.
Toutes ces conneries.
Ch't'une conne.
Ch't'une laide.
On devrait m'tuer.
Tu va m'tuer.
Si.
S'il-te-plaît.
Plus d'enfer.
Plus d'angoisse.
Plus de trou.
Plus de peurs.
Plus de malheur.
Plus ce déchirement, ici.
Oui, là.
Ce trou.
Dont les bords me creuse l'abdomen.
Ma cage thorassique qui éclate.
Mon c½ur qui a mal.
Au sens propre.
Je le sens qui bat.
Je le sens qui vibre.
Je le sens qui n'en peu plus.
Aide-moi.
Je sais.
Tu ne peux pas.
J'suis conne.
Non, arrête.
J'le suis.
Parce que j'te fais d'la peine.
Parce que tu peux rien faire pour m'aider et que ça te tue.
J'suis en train de te tuer.
Tu devrais même pas m'tuer, tiens.
M'laisser souffrir dans la merde que j'ai faite.S'te-plaît, ne t'en va pas.
C'est comme ça que j'me sens quand j'suis fatigué. Quand j'dors mal une nuit, ça va, si j'dors bien après.Si j'dors mal après, j'commence à être fatigué, et j'ai plus tendance à angoisser.
Plus j'angoisse, moins je dors. Moins je dors, plus j'angoisse. Si je dors pas, j'pourrai pas me lever. Ça va faire mal. Le trou va s'ouvrir. J'vais devoir partir.Mais t'es loin et j'suis pas capable d'être loin d'toi d'même. J'peux pas vivre de même. Alors j'dors pas. J'veux pas dormir de même. J'peux pas dormir de même. Mais j'vais devoir me lever demain. Alors j'dois dormir. J'veux dormir! Pourquoi j'dors pas?
J'peux pas rester ici. J'peux pas rester là. Non, je m'égare. Je ne tient plus. Mes pensée partent, je plonge dans les cauchemars. Ils se succèdent et s'enchaînent à une vitesse incroyable.J'suis pas capable de te voir! Où es-tu? Non, pitié pas ça. Je pense plus avec ma conscience. Ou est-elle?
Rêves flous. Je veux mourir. J'imagine des choses dont je suis consciente. Mais j'peux pas les arrêtez. J'peux ouvrir les yeux. Mais pas longtemps. Je ne dirige plus mon corps.Il est trop fatigué. Il ne répond plus. Ouvre les yeux, sort de l'enfer. Quelle heure est-il?
Il est 7h00. Je dois me lever. Non pas le trou! Non! Pitité. Pas ça. Non.Non, un rêve. Il est 3h. Je peux dormir. Non, je ne peux pas. Pas dormir. Je vais faire des cauchemars. Non, ne pars pas. Ou suis-je?
Finalement il est quatre heures. Réveille-toi. Sors de l'enfer. Descend du lit. Marche. Encore. Maman. Non, elle dort. Non! Je ne peux pas la réveiller, elle travaille demain. Je n'en peux plus. Je ne peux pas partir. Pourquoi elle dort? Je veux mourir. Pourquoi moi je ne dors pas?
Je dois y aller. Il le faut. Je suis conne. Mais je dois la réveiller.Maman, s'il-te-plaît.
Non, je ne dors pas.
Non, je suis pas capable.
J'en peu plus, s'il-te-plaît.
Aide-moi.
Je veux mourir.
D'accord, j'attends là.
Merci. Merci.
Présence rassurante. Je ne suis plus seule dans mes cauchemars.
Je tiens sa main. Il ne manque que toi.
Ne pas penser. Ou ça va faire trop mal.
Je dois dormir! Si je ne dors pas, qu'est-ce que je vais faire demain?
D'accord. Ne pas y penser.
Je n'irai pas. Mais je dois y aller.
Je déteste ne pas y aller.
Je dois dormir.
Pourquoi je ne peux pas dormir?
J'ai peur.
Maman. Dormir.
Enfin je sombre, après plusieurs heures de cauchemars et d'angoisse. La pilule fait son effet.
Mais je ne peux pas aller à l'école demain.
Je vais devoir m'absenter. Une fois de plus.
Ça a duré plusieurs semaines. Puis des mois. De plus en plus mal. De plus en plus d'angoisse. J'avais mal. Tellement mal. Le matin. Me lever. Le trou à nouveau. Te quitter.Le sommeil devenait une obssession. Dormir, je dois dormir.
La semaine une enfer. Je dois me lever.
La fin de semaine, un havre de paix. Un îlot. Mais je ne peux rien faire. Voir personne. Je dois dormir le matin. Très tard. Même si je ne dors pas le soir.
Car sinon, je ne peux pas aller à l'école. Mais même avec les fins de semaines, je ne peux pas rattrapper le sommeil que je perds la semaine. Et ça saccumule. Et je désespère. Et je ne veux plus vivre dans ces conditions.
Une solution se pointe. L a clinique du sommeil. On essait. J'y passe une nuit. Pas de nouvelles.
La fatigue a tué mes espoirs. Je veux abandonner. Abandonner la vie.
Parce que je suis conne.
Parce que je suis lâche.
Parce que je ne peux plus vivre ainsi.
Finalement je m'en suis sortis, avec l'hypnose.
Mais si l'hypnose comba le stress, elle ne peux pas grand chose contre la pleine lune et les hormones.
L'enfer est revenu cette semaine. Je perds espoir. Mais je ne suis pas encore rendu au point ou j'étais cet hiver. Pas encore.
Merci maman, pour tout ton soutient malgré tes propres problèmes. Merci papa de m'avoir laissé finir cette article dans l'état ou je suis, malgré qu'il est 00h07.