Moi, j'avais pleins pleins de peluches. Beaucoup de peluches. Des tonnes et des tonnes de peluches. Mais j'avais pas de grosses peluches.
Puis un jour, dans un magasin, j'ai vu un énorme nounours. ÉNORME. Presque aussi grand que moi. Le rêve, quoi. Je n'avais qu'un seul but: recevoir cette peluche pour Noël.
Comme mes parents ont toujours été du genre à encourager mes grands rêves, il m'ont bel et bien offert cette peluche pour Noël. Dans une énorme boîte, une magnifique boîte. Il était tout compressé dedant. Je ne m'y attendais pas du tout. C'était absolument merveilleux.
Il a d'abord passer la première partie de sa vie avec moi dans mon lit. Je l'avais appelé Gros Nounours. (J'ai toujours eu un don d'originalité pour les noms de toutous. Mon toutou préféré était un toutou de chien dont j'avais moi-même décider le sexe: femelle. Je l'ai donc nommé Tite Chienne. Enfin, je ne m'en rappelle plus, mais elle a toujours porté ce nom pour moi).
Quand j'ai commencé à moins bien dormir et que je cherchais toutes les raisons possibles qui pouvait m'enlever un sommeil bien mérité, une des victimes de mon investigations fut Gros Nounours. Pouvait-il receler quelque acariens pouvant nuire à mon repos? Peut-être. Il fut donc décidé qu'il dormirait à présent par terre.
Ensuite, les tourments de l'adolescence et l'augmentation de la longueur de ma vie passée augmentant sensiblement le nombre d'objets de gugusses de trucs machins et autre dans ma chambre, le pauvre Nounours dût commencer son long séjour... dans le garde-robe.
Il en est ressorti de temps en temps, comme siège confortable ou autres du même type. Pauvre Gros Nounours.
Ces derniers temps, dans mon lit le soir, lorsque l'éveil de mon cerveau semblait impossible a arrêter, que les pensées (les bonnes se faisant souvent bouffer par les mauvaises, à mon plus grand dam) ne cessaient de tourbillonner, je ressentais de puissants besoins de serrer quelque chose dans mes bras.
C'était comme un manque, un grave manque de quelque chose dans mes bras. Je serrais cette chère Tite chienne, mais elle était trop petite, la pauvre. Trop petite pour le grand trou de mes bras.
C'est en essayant en vain de dormir sur le matelas de fortune installé par terre pour quelque circonstance que j'eus cette idée: j'avais besoins de tenir quelque chose dans mes bras, de le serrer très fort, pour me calmer. J'avais besoin de quelque chose d'une taille relativement humaine n'étant pas un parent, et pas une amies, n'étant pas un bébé, n'étant pas... je ne sais pas. Vivant?
Alors j'ai vu juste devant mon visage, la porte-mirroir qui fermait l'entrée de mon garde-robe dans lequel mon cher Gros Nounours somnolait depuis tout ce temps. Alors je l'ai pris, je l'ai tiré de là, je l'ai serré contre mon coeur, fort, j'ai étiré mes muscles.
J'ai trouvé quelque chose à quoi m'accrocher, parce que pour moi essayer de dormir c'est comme tomber sans jamais atterrir, ni sans pouvoir remonter. L'attente est interminable.



